Discussion avec Babi Badalov 12.09 à 17h

Discussion avec l’artiste Babi Badalov, un commissaire d’art Azad Asifovich et un chercheuse Anastasiia Spirenkova autour de l’exposition My Name is Art au sein du Château de Montsoreau – musée d’Art contemporain le samedi 12 septembre à 17 heures.

Au cours d’un échange avec l’artiste, ils aborderont les relations entre la langue et l’art, le phénomène du multilinguisme et la polyphonie linguistique.

Babi BADALOV est né à Lerik (RSS d’Azerbaïdjan) en 1959. Naturalisé français depuis 2018, Babi Badalov vit et travaille à Paris. Il développe depuis les années 1990 une œuvre mêlant poésie visuelle, dessin, textile, installation et performance. Son travail a été présenté dans de nombreuses institutions internationales et figure dans d’importantes collections publiques et privées. À partir de sa propre expérience de l’exil et du multilinguisme, il construit une œuvre où les mots deviennent des formes plastiques et où les frontières entre les langues se dissolvent au profit d’une écriture libre et profondément contemporaine.

Azad ASIFOVICH est un commissaire d’exposition et spécialiste de l’art, formé en sciences politiques, en culturologie et en études curatoriales. Installé entre Paris et Anvers, il s’intéresse aux relations entre la pratique artistique, ses contextes et sa représentation. Ses projets interrogent les zones d’ombre, le genre, la dévotion, le geste, le monde de l’art et la réinterprétation des références historiques (non) occidentales à travers les limites de l’expérience du visiteur et des connaissances communes, telles que les anime, les séries télévisées et les habitudes linguistiques. Il est lauréat du prix « Maltese Falcon » récompensant le meilleur pavillon de la Biennale de Malte pour l’œuvre *The Clean Room* de Sofie Muller (2024). Membre de IKT et CIMAM.

Anastasiia SPIRENKOVA est une chercheuse, critique d’art et doctorante au Centre de l’art et langage (CRAL) à l’EHESS. Son intérêt scientifique porte sur le rôle du langue dans l’art et sur les liens entre l’action dans la langue au sein de l’action artistique. Elle est lauréate de  Russian Art Focus Prize pour le meilleur article de recherche (2021). Ses articles sur l’art contemporain ont été publiés dans Performance Philosophy journal, Art Margins online, V/A Various Artists, TAEX, RFI et autres revues.

 

Babi Badalov My Name is Art 10.07 – 04.11.2026

Le Château de Montsoreau – musée d’Art contemporain présente My Name is Art, une exposition personnelle de Babi Badalov, conçue par le commissaire Azad Asifovich, en collaboration avec la Galerie Poggi à Paris.

L’exposition réunit un ensemble d’œuvres explorant les relations entre langage, identité, migration et création.

Du 10 juillet au 4 novembre 2026, l’artiste investit le niveau 2 du musée avec une sélection de dessins, peintures, textiles, installations et écrits qui témoignent de plus de trois décennies de recherche autour des déplacements linguistiques et de la poésie visuelle.

Né à Lerik (RSS d’Azerbaïdjan) en 1959. Naturalisé français depuis 2018, Babi Badalov vit et travaille à Paris. Il développe depuis plus de trente ans une pratique artistique singulière, à la croisée de la poésie visuelle, du dessin et de l’installation. Son œuvre transforme les langues en matière plastique. Les mots s’y déplacent, se déforment, se rencontrent et inventent de nouvelles formes de lecture. À travers les glissements linguistiques, les erreurs volontaires, les hybridations d’alphabets et les jeux typographiques, Badalov fait du langage un espace de résistance, de liberté et de création.

Présentée au Château de Montsoreau – musée d’Art contemporain, l’exposition entre en résonance avec l’histoire du lieu et avec la collection Philippe Méaille, le plus important ensemble au monde d’œuvres de Art & Language. Elle propose un dialogue entre deux approches majeures des rapports entre l’art et le langage : l’une issue de l’histoire de l’art conceptuel, l’autre fondée sur l’expérience de l’exil, du multilinguisme et des politiques de la traduction.

« Toute langue produit un ordre du monde. Elle classe, nomme, hiérarchise et distribue les places. Que se passe-t-il lorsqu’un individu vit simultanément dans plusieurs langues, plusieurs alphabets et plusieurs régimes de sens ? Cette question traverse l’ensemble de l’œuvre de Babi Badalov.
Depuis les années 1990, l’artiste développe une pratique fondée sur les déplacements linguistiques. Ses dessins, ses peintures, ses textiles et ses écritures fonctionnent comme les traces d’une pensée en mouvement, traversée par des langues qui ne coïncident jamais parfaitement entre elles. Là où les institutions muséales normatives cherchent une stabilité du sens, Badalov travaille ses failles. Là où la langue prétend à la clarté, il révèle ses ambiguïtés, ses contradictions et ses zones d’ombre. »

— Azad Asifovich, commissaire de l’exposition.

Avec My Name is Art, Babi Badalov poursuit une réflexion où le langage cesse d’être un simple outil de communication pour devenir une matière vivante, traversée par les histoires individuelles, les frontières politiques et les expériences de la traduction. L’exposition invite le visiteur à découvrir une œuvre profondément poétique et politique, dans laquelle chaque mot devient image, chaque erreur devient invention et chaque langue ouvre la possibilité d’un autre regard sur le monde.

 

À propos de Babi Badalov

Né à Lerik (RSS d’Azerbaïdjan) en 1959. Naturalisé français depuis 2018, Babi Badalov vit et travaille à Paris. Il développe depuis les années 1990 une œuvre mêlant poésie visuelle, dessin, textile, installation et performance. Son travail a été présenté dans de nombreuses institutions internationales et figure dans d’importantes collections publiques et privées. À partir de sa propre expérience de l’exil et du multilinguisme, il construit une œuvre où les mots deviennent des formes plastiques et où les frontières entre les langues se dissolvent au profit d’une écriture libre et profondément contemporaine.

More Morellet 08.04.2026-04.01.2027

2026: Centenaire de la naissance de François Morellet

À l’occasion du centenaire de la naissance de François Morellet, de nombreuses institutions se rassemblent pour un hommage à l’une des figures majeures de l’art contemporain, à l’initiative du Centre Pompidou.

Présent dans les plus grandes collections publiques françaises ainsi que dans de nombreuses collections institutionnelles internationales, Morellet a également investi durablement l’espace public avec plus d’une centaine d’œuvres visibles dans nos villes – sur des façades, dans des jardins, des gares ou sur des places. Grâce à la liberté et l’humour avec lesquels il s’est emparé du vocabulaire de l’abstraction géométrique, il a su créer un dialogue vivant entre l’art, l’architecture et le public. En écho à la rétrospective « François Morellet. 100 pour cent », présentée au Centre Pompidou-Metz, un vaste programme national est initié par le Centre Pompidou, en collaboration avec le Studio Morellet, la galerie Mennour qui représente l’artiste et de nombreuses institutions partenaires.

Ce projet d’envergure se déploie dans toute la France à travers des accrochages inédits, des redécouvertes d’œuvres figurant dans les collections et dans l’espace public, ainsi qu’un ensemble de rencontres, conférences et un colloque international. L’objectif : réinterroger l’héritage de Morellet, sa place dans l’histoire de l’art, son rapport au patrimoine et à l’architecture, et l’influence qu’il continue d’exercer sur les artistes contemporains.

Le Château de Montsoreau – musée d’Art contemporain rend hommage à François Morellet, figure iconoclaste de l’art contemporain. Dans le hall du musée, l’œuvre emblématique « Répartition aléatoire de 204800 carrés suivant les chiffres pairs et impairs des décimales de Pi, 50 % bleu, 50 % rouge, 2012 – 2026″ . Monumentale et ludique, cette pièce allie rigueur mathématique et humour discret, incarnant l’esprit inventif de Morellet et l’influence qu’il exerce encore sur plusieurs générations d’artistes.

Un événement organisé dans le cadre de la célébration du centenaire de la naissance de François Morellet à l’initiative de l’EstateMorellet et du Centre Pompidou

#100xMorellet

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Librairie Zhuo Qi à partir du 13.02.2026

Chaque année la librairie du musée invite un artiste contemporain à s’installer dans une vitrine de son espace.

En 2026, Zhuo Qi y présente une installation modulable intitulée J’ai mangé une assiette ainsi que J’ai allumé un vase.

La série J’ai mangé une assiette (2015–2018), réalisée à en Chine, à Jingdezhen, interroge les relations entre le corps, la matière et les mécanismes de production de la trace. Par une intervention corporelle volontairement non conventionnelle, Zhuo Qi interrompt le processus normatif de fabrication céramique : alors que la terre est encore crue et en rotation sur le tour, l’artiste y imprime directement ses marques dentaires.

Ce geste constitue à la fois une intrusion physique et un acte pleinement conscient. Les dents cessent d’être de simples organes de mastication pour devenir un outil de tracé — un outil non tenu par la main, mais « porté » par la tête. Les empreintes produites déploient un rythme linéaire et gestuel évoquant la calligraphie, sans toutefois relever de l’écriture manuscrite. Il s’agit d’une forme de non-écriture, issue de la collision immédiate entre le corps et la matière en mouvement. Cette pratique instaure une condition d’anti-calligraphie, dans laquelle le corps devient médium plutôt qu’instrument d’exécution.

Après la cuisson, ces traces éphémères et irreproductibles sont soulignées et conservées par l’application de feuille d’or. L’or n’intervient pas ici comme ornement final, mais comme un acte de recouvrement, de réparation et de signalement : il accentue la visibilité des marques tout en instaurant une tension entre dissimulation et révélation. L’assiette, initialement conçue comme objet utilitaire, voit sa fonction suspendue et son statut osciller entre artefact, relique et sculpture.

Il convient de souligner que cette série ne relève pas d’un geste purement conceptuel ou radical. Elle est traversée par une dimension ludique et sensorielle assumée. L’artiste évoque lui-même l’impulsion initiale : face à la texture de la porcelaine, une envie instinctive d’y goûter — bien que l’expérience se révèle peu agréable. Loin d’affaiblir la portée de l’œuvre, cette déclaration révèle la coexistence du désir, de l’humour et de la réflexion critique au cœur du processus créatif.

Dans J’ai mangé une assiette, Zhuo Qi ne cherche pas à abolir l’incertitude par la maîtrise, mais à l’intégrer à la structure même de la fabrication. La création y apparaît comme une négociation intime entre le corps, la matière et le temps, renouvelant notre perception de la transformation, de la trace et de l’unicité de l’objet.

Dans J’ai allumé un vase, Zhuo Qi crée une œuvre expérimentale en faisant exploser des pétards dans des vases en porcelaine encore crus, provoquant déformations et perforations. Après les explosions, il émaille et cuit les pièces pour conserver les traces de cette épreuve violente. L’objet final n’a de sens qu’à travers le protocole performatif qui l’a engendré, où l’artiste agit presque comme un pyromane.

Sa démarche reflète une curiosité audacieuse et un goût du risque, en cohérence avec l’histoire de la céramique, souvent marquée par des essais et des accidents. L’œuvre fait dialoguer deux symboles de la culture chinoise : la porcelaine, art ancien et raffiné, et les pétards, issus de la tradition populaire et festive. Tous deux reposent sur la maîtrise du feu et participent à l’identité culturelle chinoise.

Ainsi, Zhuo Qi mêle héritage traditionnel et créativité contemporaine, illustrant la rencontre entre innovation artistique et permanence culturelle dans un contexte mondialisé.

JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE 19-20 SEPTEMBRE 2026

Visites guidées

Pendant deux jours, les médiateurs du musée accompagnent les visiteurs dans leur découverte du monument tout en donnant des clés de lecture pour appréhender simplement l’Art Contemporain.
A 10h30, 15h00 et 17h00 : l’histoire du lieu en 20 minutes.
A 11h00, 14h00 et 16h00 :  visite approfondie du château, de la collection permanente d’art contemporain du musée.

Tarif exceptionnel
Adulte : 9€
Enfant : 5€