Exposition secrète 13.11.2020 – 02.02.2021

Confinement 2 : Le Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain ouvre une exposition secrète.

 

La crise sanitaire a conduit le gouvernement français à fermer une nouvelle fois les lieux culturels à partir du 30 octobre 2020.
Cette mesure nous a réduits au silence, et obligés à annuler notre programmation.

Ceci conduit à une censure involontaire de l’activité culturelle du Musée.

Le 13 novembre 2020, le Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain ouvrira une exposition secrète.

Il y a au moins deux façons de réaliser une exposition et de la tenir secrète.

Dans le premier cas, l’institution réalise une exposition sans que le public n’y ait accès et ne l’annonce pas.

Dans le second cas, le public n’a pas accès à l’exposition mais elle lui est néanmoins annoncée.

Le Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain étant une institution ouverte au public, il convient de faire connaître l’existence de notre programmation.

L’exposition ne sera accessible ni au grand public ni aux professionnels. Tant le contenu de l’exposition que la liste des artistes participants seront tenus secrets.

Cette exposition donnera lieu à une publication à paraître ultérieurement.

Exposition conçue en collaboration avec Eric de Chassey, Directeur de l’Institut National d’Histoire de l’Art.


Exposition Secrète
13.11.2020 – 02.02.2021
Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain
presse.chateaudemontsoreau@gmail.com

Jacques Halbert. Cerises 10.07 – 13.11.2020

« Le sujet n’est peut-être pas si essentiel,
c’est pourquoi je pourrai peindre des cerises toute ma vie ».
(Jacques Halbert)


Le monochrome à l’épreuve de la pornographie
En 1975, alors qu’il a vingt ans, Jacques Halbert rédige un texte fondateur de sa démarche artistique :  « Comment peindre une cerise ». Il y décrit étape par étape le processus de fabrication d’une peinture de cerise, avant de conclure malicieusement « Si vous avez suivi à la lettre ces conseils, vous avez sous les yeux une magnifique cerise peinte par vous. Vous êtes donc un artiste. » Ce texte est doublement fondateur, premièrement parce qu’effectivement Jacques Halbert va peindre inlassablement cette cerise toute sa vie, mais aussi parce qu’il conçoit sa peinture comme un outil pour modifier fondamentalement le rapport que les gens entretiennent traditionnellement avec l’œuvre d’art.

Le sujet « cerise » est banal, voire affligeant si on le replace dans le contexte du milieu de l’art des années 1970, alors que l’art minimal et l’art conceptuel règnent en maitres incontestés. Pourtant, tout le monde aime les cerises. Elles sont annonciatrices de l’été, des fêtes d’enfance, elles sont brillantes, juteuses, sucrées, rouges. Elle est aussi un prénom féminin, ses formes sont suggestives, et sa couleur ramène à celle d’un cuir laqué. Confronter la cerise avec la peinture la plus sophistiquée que l’art moderne ait produit, c’est-à-dire le monochrome, deviendra pour Jacques Halbert le chainon manquant entre l’art et la vie.
Dès lors, Jacques Halbert n’a de cesse de mettre à l’épreuve, de déstabiliser, de fragiliser le monochrome à l’aide de ce mode opératoire systématique à la précision chirurgicale. Il décline ce motif figuratif selon des rythmes réguliers ou des compositions aléatoires, et poursuit depuis quarante-cinq ans une œuvre minimale qui engage le visiteur dans une profonde redéfinition de la peinture.

La cerise, de prime abord candide, est porteuse d’une violence que souligne sa couleur rouge carmin, couleur du danger. Comme une goutte de sang indélébile, ou une tache de rouge à lèvres sur une surface immaculée, elle est le geste interdit qui vient ébranler la pureté du monochrome, lui enlever son mystère, désacraliser la peinture.
Cette dualité de la cerise, est énoncée ainsi par Jacques Halbert : « Le sujet n’est peut-être pas si essentiel, c’est pourquoi je pourrai peindre des cerises toute ma vie. ». Essaimées sur le monochrome, comme autant de mines sur un terrain vague, elles sont les prolégomènes d’une conception radicale de la peinture contemporaine.

L’œuvre de Jacques Halbert est marquée par l’ambivalence du langage et du monde. Son départ pour les Etats-Unis ne faisant qu’amplifier le trouble. Alors qu’en France ce motif se trouve avoir une charge érotique en plus d’être un prénom féminin, aux Etats-Unis le mot « Cherry » désigne en même temps le fruit, mais aussi très précisément le sexe de la femme. Le chaste monochrome est victime d’attaques pornographiques qui consistent à « peindre des cerises, partout, tout le temps, et ne penser qu’à ça ». La queue de la cerise, toujours associée au fruit, complexifie et amplifie la portée pornographique de l’œuvre, comme dans Il aime les cerises (1977) où le genre du modèle bien que clairement énoncé dans le titre, est remis en question par sa représentation.

Le bon goût
Son penchant pour la mise en scène de son personnage provoque une adhésion immédiate de la part des artistes New Yorkais de Fluxus et du Eat Art, mais la densité de sa mythologie individuelle fait qu’il est difficile de le rattacher à un mouvement artistique.
Propriétaire successivement de l’Art Café à New York (1985) qui devient le lieu de rendez-vous de l’avant-garde artistique (Ben Vautier, Jeff Koons, Daniel Spoerri, Andy Warhol, François Morellet…), puis de la Magnifik Gallery à Brooklyn où il expose Nicolas L., Olivier Mosset, Carolee Schneemann ou Alison Knowles, Jacques Halbert n’a de cesse de défaire, de déconstruire l’idée dominante de l’artiste comme prescripteur du bon goût. Son œuvre, libre et affranchie des conventions, parodie et dénonce la conception bourgeoise de l’art selon laquelle l’artiste serait le garant d’une définition du Beau, il définit lui-même cette posture néo-dadaïste comme « un manifeste du bon goût ».

Just a bowl of cherries
Jacques Halbert élabore une œuvre prolifique, vivante et festive qui interroge la valeur de l’art, son intérêt ou son importance. Confrontant simplement l’art et la vie, son œuvre plonge le visiteur dans une balade vers la création permanente. Dans Fashion Passion, film réalisé pendant le New York Fashion Show, dans l’effervescence créative du New York underground des années 80, le corps remplace le monochrome et sert de support à la peinture, créant une confusion entre érotisme, fête de village et genre sexué.
Questionner les arcanes de l’art et de la vie, avec un sérieux jamais dénué d’humour, lui permet d’évoquer les limites de notre condition et du rôle de l’artiste dans le processus créatif.
Nous serions tentés de conclure, comme dans la chanson Life is just a bowl of cherries : «Don’t take it serious / it’s too mysterious ».

Jacques Halbert . Cerises
Conçue par Alain Julien-Laferrière comme volontairement non rétrospective, l’exposition monographique de Jacques Halbert, Cerises, au Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain propose au visiteur une plongée au cœur de l’œuvre d’une personnalité hors-normes de l’art contemporain, marquée par les interventions de l’artiste dans l’espace public et ses confrontations au monochrome. Des archives, dessins, croquis de la première salle à l’intervention in situ et all over de la dernière salle, l’exposition développe l’œuvre de Jacques Halbert, complexe, libre et cassant les codes de la peinture moderne. Elle montre la répétition inlassable du motif, les décalages, les déclinaisons, et précise son rôle dans les investigations et l’œuvre de Jacques Halbert.

 

JACQUES HALBERT
CERISES
10 juillet – 13 novembre 2020
Commissariat : Alain Julien-Laferrière
Ouvert 7j/7j de 10h à 19h

Kenneth Goldsmith Prix François Morellet 11 octobre 2020

Né en 2016 de la volonté de Jean-Maurice Belayche, Philippe Méaille et François Morellet, le Prix François Morellet est le seul prix auquel François Morellet accepta de donner son nom.
Il récompense chaque année une oeuvre littéraire ou un auteur pour son engagement en faveur de l’art contemporain et s’inscrit dans le cadre d’une collaboration entre le Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain et les Journées nationales du livre et du vin (Saumur).

Le 11 octobre 2020, le Prix François Morellet sera remis à Kenneth Goldsmith pour son livre Duchamp is my lawyer. The polemics, pragmatics, and poetics of Ubuweb, paru en 2020 chez Columbia University Press.

En 1996, alors que le web est relativement récent, Kenneth Goldsmith crée la plateforme UbuWeb afin d’y publier des œuvres de poésie concrète difficiles à trouver. D’abord site de partage proposant des œuvres issues d’un mouvement littéraire relativement obscur, UbuWeb est devenu une archive essentielle de la littérature, du cinéma et de la musique d’avant-garde et expérimentale des XXe et XXIe siècles. Grâce à ce site, des internautes du monde entier ont désormais accès à des œuvres canoniques d’artistes tels que Kara Walker, Yoko Ono, Pauline Oliveros, Samuel Beckett, Marcel Duchamp, Cecil Taylor, Glenn Ligon, William Burroughs et Jean-Luc Godard.

Dans Duchamp is my lawyer, Goldsmith revient sur l’histoire d’UbuWeb, expliquant les motivations de sa création et la manière dont les oeuvres sont archivées, consommées et distribuées en ligne. À partir de ses propres expériences et d’entretiens avec des experts, Goldsmith décrit comment le site navigue sur les questions du droit d’auteur et comment il remet en question l’histoire de l’avant-garde. Le livre décrit également la croissance d’autres « bibliothèques de l’ombre » et évoque les artistes dont les œuvres rejoignent les objectifs, l’esthétique et l’éthique de UbuWeb. Il conclut en opposant l’engagement d’UbuWeb dans le mouvement de la culture libre  aux gardiens actuels de la culture algorithmique, tels que Netflix, Amazon et Spotify.

Kenneth Goldsmith est tour à tour, premier lauréat de poésie du MoMA, fondateur et éditeur d’UbuWeb, professeur de Uncreative Writing à l’université de Pennsylvanie et animateur à la radio new-yorkaise WFMU. Il milite pour une écriture du plagiat, de la copie et de la retranscription. Considéré comme une personnalité majeure de la création contemporaine, il fait aussi figure de paradoxe, quand il est reçu à la Maison-Blanche en tant qu’auteur, alors qu’il a publiquement, avoué avoir volé les mots des autres, et fait l’apologie du plagiat.
Sur le modèle de l’Art Conceptuel, Kenneth Goldsmith développe ses textes selon de nouvelles formes d’installations et de diffusions, réfléchissant aux nouvelles possibilités qu’offrent le numérique et internet.
Il est notamment auteur de Théorie (2015) et L’écriture sans écriture : du langage à l’âge numérique (2018). 

En 2020, la région des Pays de la Loire s’associe aux Journées nationales du Livre et du vin et au Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain pour remettre le Prix François Morellet.

Muséodrive 11 mai 2020

Le Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain rouvre au public le 11 mai 2020 avec la mise en place d’un dispositif de vente à emporter adapté à la situation sanitaire du déconfinement : le drive.

Le Muséodrive, permettra aux visiteurs, pour le prix d’un ticket d’entrée au musée (10,20€), de venir récupérer un kit d’exposition à l’entrée de l’établissement, le tout sans descendre de leur véhicule.

Le principe :

  1. Présentez-vous en voiture au guichet drive du musée.
  2. Composez votre kit d’exposition à la carte.
  3. Payez vos achats sans descendre de votre véhicule.
  4. Installez l’exposition chez vous !

Ouvert 7j/7j de 10h à 19h.

#muséodrive

Home from Home 13.04-13.07.2020

Le Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain maintient son programme d’expositions malgré la situation sanitaire.
L’exposition Home from Home ouvrira le 13 avril 2020 et elle aura lieu chez vous, à domicile.

A partir du lundi 13 avril, il sera possible de télécharger un kit d’exposition sur le site internet du musée. Le kit comprend 12 œuvres d’art au format numérique qu’il suffit d’imprimer et d’assembler selon le mode d’emploi fourni. N’importe qui possédant une imprimante, une paire de ciseaux et un tube de colle peut monter l’exposition chez lui, transformant ainsi sa maison ou son appartement en musée et ses habitants en organisateurs.
L’exposition Home from Home a été imaginée par le collectif d’artistes conceptuels Art & Language, et les œuvres proviennent toutes de la collection du Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain.

#homefromhome

Si notre site web venait à être saturé, vous pouvez faire la demande du kit d’exposition par mail à : contact@chateau-montsoreau.com

 

 

 

CHARLOTTE MOORMAN. THINK CRAZY 12.11.2019 – 03.07.2020

A partir du 12 novembre 2019, le Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain consacre une exposition à Charlotte Moorman, véritable légende de la création contemporaine internationale.

Charlotte Moorman. Think Crazy  s’éloigne de l’image réductrice de « topless cellist » affublée à Charlotte Moorman depuis sa performance de « l’Opera Sextronique » de Nam June Paik pour présenter l’artiste inclassable, iconoclaste et radicale à la fois violoncelliste, performeuse et organisatrice d’événements et médiatrice de l’avant-garde.

 

La « Jeanne d’Arc de la Nouvelle Musique »

Par son attitude militante, Charlotte Moorman est très tôt surnommée la « Jeanne d’Arc de la Nouvelle Musique » par le compositeur Edgar Varèse.
Après une formation académique, Charlotte Moorman se libère du carcan de la musique classique pour proposer une vision de la musique contemporaine basée sur la porosité entre les pratiques artistiques.
Elle se rapproche de John Cage qui développe une musique où les bruits du monde sont utilisés comme source de création, elle, de son côté, développe un nouveau rapport à l’interprétation, y introduisant une démarche créative.
A chaque occasion, Charlotte Moorman questionne avec enthousiasme la frontière entre musique et arts plastiques et collabore avec les artistes les plus innovants de son temps: Nam June Paik, Yoko Ono, Joseph Beuys.

L’instrument du désir

Quelle que soit la proposition, Charlotte Moorman l’exécute avec précision.

Dans ses performances, Charlotte Moorman met en exergue le rapport physique voire charnel entre son corps et son instrument. L’un comme l’autre sont parfois mis à rude épreuve comme lorsqu’elle joue nue sur un violoncelle taillé dans un bloc de glace (Ice Cello, 1976) ou quand elle joue sur une bombe transformée en violoncelle (Bomb Cello, 1965).

Elle parvient néanmoins à choquer l’opinion et à se faire arrêter pour attentat à la pudeur en pleine performance quand, en 1967 au cours de l’Opéra Sextronique réalisé avec Nam June Paik, elle enlève ses vêtements et continue de jouer les seins nus. De nombreuses artistes féministes (à l’exception de son amie de longue date Carolee Schneemann) l’ont publiquement dénoncée, estimant qu’elle avait trop volontiers exposé son corps.

Parfois un corps étranger apparaît, comme celui de Nam June Paik (Child of the Cello), qui vient s’intercaler entre celui de la concertiste et son violoncelle.
Si le corps peut servir d’instrument au service de la musique en revanche, il n’est jamais instrumentalisé.
Charlotte Moorman ironise sur l’idée de la beauté véhiculée par la peinture classique et dénonce l’obsession de la société pour le corps féminin. Sur une photo prise pour Miss City Beautiful en 1952, elle montrait déjà sa somptueuse beauté avec un détachement désinvolte et amusé. Suspendue dans le ciel avec des ballons (Sky Kiss) de Jim McWilliams en 1976, devant l’opéra de Sydney, elle joue avec intensité de son instrument vêtue d’une robe de concert à l’image d’une concertiste classique.

« Think Crazy »

En 1963, Charlotte Moorman crée « le Festival d’avant-garde » , festival qui perdurera pendant 15 ans. Programmant les événements, elle invite des artistes (cinéastes, danseurs, poètes, musiciens…) aussi bien connus qu’inconnus à investir la ville de New York. A partir de 1966, le festival cesse de se dérouler dans des salles de spectacle traditionnelles pour se dérouler dans l’espace public (le bac J.F.Kennedy, Central Park, les îles Wards et Mill Rock, l’Arsenal du 69e régiment d’infanterie ou le Stade Shea), créant ainsi un précédent pour les futurs grands festivals de ce genre.
Comme un motto inscrit sur les banderoles du Festival d’Avant-garde, « Think Crazy » de l’artiste polonais Marek Konieczny est une exhortation à l’audace et à la créativité. Combinant sa formation classique et l’avant-garde, Moorman a fait remarquer un jour : « Je n’ai pas l’impression de détruire une tradition. J’ai l’impression de créer quelque chose de nouveau. »

L’exposition

Charlotte Moorman. Think Crazy s’articule autour de deux grandes thématiques : le répertoire de Moorman en tant qu’artiste et son travail en tant que fondatrice et organisatrice de l’Annual New York Avant-Garde Festival. Elle comprend des œuvres d’une grande variété : photos, vidéos, archives, éphémeras provenant des archives privées de l’artiste.
Plusieurs œuvres iconiques jalonnent le parcours comme Cut Piece de Yoko Ono, que Charlotte Moorman aurait interprété près de 700 fois dans sa carrière et au cours de laquelle le public est invité à découper sa robe rouge pour en emporter un bout ; ou Bomb Cello, où elle apparaît jouant du violoncelle sur une bombe avec des fleurs tressées en guise d’archet.
Les éphéméras issus de ses archives personnelles témoignent d’une production prolifique comme l’intégralité des affiches des 15 éditions du festival d’avant-garde.

 

 

AGNES THURNAUER 25.06-25.10.2019

Agnès Thurnauer, artiste Franco-Suisse de renommée internationale qui a eu l’honneur d’accrocher une galerie de portraits féminisés sur le mur d’entrée du Centre Pompidou pendant deux ans puis au SAM de Seattle et au CCBB de Rio de Janeiro, investit le Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain du 25 juin au 25 octobre 2016.
Son œuvre protéiforme la rend inclassable dans l’univers artistique contemporain et donne tout son sens à l’exercice rétrospectif.

La réponse qu’Agnès Thurnauer apporte aujourd’hui est sous la forme d’une histoire, celle de la peinture, qu’elle travestit en féminisant ou en masculinisant les prénoms des plus grands héros de la peinture occidentale. Elle présente dans la plus grande salle du Château une galerie de Portraits, faisant partie de la série de ceux déjà présentés au Centre Pompidou, offrant un panorama de l’histoire de la peinture allant de Nicole Poussin (tout spécialement réalisé pour l’exposition) à Annie Warhol, en passant par Roberte Mapplethorpe.

Chacun de ces Portraits « Grandeur Nature », comme les appelle Thurnauer, est pour le spectateur une occasion de se remémorer, ou de rencontrer une œuvre d’art, et ce, au travers du nom de l’artiste en soulignant la signification et l’importance du patronyme. Ce nouveau complexe prénom/patronyme devient la forme de la peinture, et permet d’extraire la peinture de la notion de genre, de raconter une autre histoire de l’art : une histoire de l’art ou le créateur de l’œuvre n’est plus dans un rôle d’homme ou de femme, mais dans un rôle de peinture. Un rôle dans lequel il ou elle incarne cette peinture qui pourrait bien ne pas avoir de genre. Une façon de dire qu’en tout cas cette histoire n’appartient pas aux seuls hommes.

HOMMAGE A FRANCOIS MORELLET 13.12.2016

A partir du 13 décembre, le Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain rend hommage à François Morellet, père du Minimalisme disparu cette année.
A la suite de l’hommage rendu le 7 novembre dernier au Centre Georges Pompidou, le Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain tient à saluer à son tour cet artiste originaire de Cholet et dont la renommée internationale a permis à l’Art français de rayonner au niveau mondial.
La production de François Morellet est intimement liée à l’histoire de l’Art Conceptuel, base de la collection permanente du Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain.
Après avoir créé le Prix François Morellet en avril 2016 en collaboration avec le Département de Maine et Loire et les Journées nationales du Livre et du Vin, le Château de Montsoreau, nouveau musée d’Art Contemporain en Val de Loire, donne un coup de projecteur sur l’œuvre de François Morellet en installant une œuvre sur la façade du bâtiment consacré aux expositions temporaires.

Le geste artistique

Passant sur les parois vitrées des cinq portes fenêtres du bâtiment accueillant les expositions temporaires, une œuvre intitulée « Courbe contrainte au porte-à-porte» représentant une courbe adhésive jaune citron, sera installée le 13 décembre 2016, en collaboration avec Danielle et Frédéric Morellet.
C’est à partir de 1969 à Amsterdam (Galerie Swart) que François Morellet crée les premiers adhésifs éphémères qu’il colle directement sur les murs d’édifices emblématiques : le Musée Galliera (1971), la Kunstverein de Hambourg (1971), e Musée des Beaux-Arts de Grenoble (1972), la Staatliche Kunsthalle de Baden-Baden (1977).
En 1954, François Morellet réalise pour la première fois une peinture à l’huile sur quatre panneaux de bois : « Arc de cercle brisé en 4 » qui deviendra un principe très représentatif de ses systèmes.
En 1980 à Duizel au Pays-Bas, François Morellet l’applique également à l’architecture, sur un ensemble de bâtiments: « Fragmentation de droites et de courbes de néon ».
Selon ce principe cher à l’artiste, Courbe contrainte au porte à porte rapproche les différentes surfaces d’intervention, puis trace une ou plusieurs lignes sur l’ensemble. Ces surfaces d’intervention sont ensuite écartées pour retrouver leurs positions initiales (ou réelles pour ce qui concerne l’architecture).

François Morellet, père du Minimalisme
Peintre, graveur et sculpteur, François Morellet est considéré comme l’un des acteurs majeurs de l’abstraction géométrique de la seconde moitié du XXème siècle.
Précurseur de la peinture systématique en France, son travail se situe dans la lignée de l’art géométrique et constructiviste.
Pour Morellet, l’œuvre d’art ne renvoie qu’à elle-même. Il entend contrôler le processus de création et démystifier la mythologie romantique de l’art et de l’artiste. L’application rigoureuse des notions de géométrie, apporte au fil des années une approche spatiale qui le situe d’emblée à l’avant-garde de l’art concret ou de l’art minimal.
Artiste international usant de multiples supports (toiles, tableaux, adhésifs, néons, surfaces de bâtiments…), Dès les années 70, il jouit d’une grande considération en France, Allemagne, Suisse, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, États-Unis se manifestant par un nombre important de commandes publiques et privées.

FICTION 28.09.2016 – 03.01.2017

Seul Château de la Loire construit dans le lit du fleuve, le Château de Montsoreau est depuis 2016 un musée d’art contemporain.  Ce château historique qui s’inscrit aujourd’hui dans le présent à travers la création contemporaine, a été durant l’année universitaire 2015/2016 le sujet d’étude des étudiants de l’Ecole Camondo qui ont imaginé son futur à travers le design et l’architecture.  A partir du 29 septembre, l’exposition temporaire FICTION présente les projets primés par le jury à l’issue de cette collaboration.

Réinventer le patrimoine
En 2015 le Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain a été confié comme sujet d’étude à aux futurs designers et architectes d’intérieur de l’Ecole Camondo pour qu’ils en réinventent les espaces en lien avec la nouvelle vocation du lieu. La problématique était de trouver un équilibre entre le monument, classé Monument historique, les exigences de l’accrochage contemporain et les attentes du public. Dans cet esprit, les étudiants ont également travaillé sur le mobilier muséal, la scénographie et l’accès au monument

15 projets d’ambition
Pour appréhender les volumes, les 58 étudiants de cinquième année se sont rendus au château en septembre 2015 alors qu’il était encore en rénovation. Au cours de l’année, les étudiants se sont interrogés sur problématiques de circulation dans le monument et sur les espaces annexes : le restaurant, la billetterie, la boutique afin de traduire la nouvelle identité du lieu.  Les projets des 15 étudiants exposés font écho à la volonté du Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain d’améliorer l’expérience de visite et de répondre aux attentes des publics.

PROTEST 1517-2017, 31.10.2017

Il y a tout juste 500 ans Martin Luther (1483-1546) changeait le cours de la civilisation occidentale en placardant ses 95 thèses sur les portes de l’église de Wittenberg, condamnant violemment le commerce des indulgences pratiqué par l’Eglise catholique. Par ce geste performatif qui investit l’espace urbain et s’adresse au monde entier, Luther accuse, conteste et affirme ses convictions. Ce geste donnera naissance à l’église protestante.
A l’occasion de cette date anniversaire, le Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain a donné carte blanche aux protestataires d’aujourd’hui – artistes, philosophes, directeurs de musées – pour qu’ils créent chacun une affiche.

De l’affiche au livre
PROTEST est une édition contenant un texte de présentation et six affiches.
PROTEST est envoyée par courrier aux musées et centres d’art dans le monde entier afin qu’ils affichent, s’ils le souhaitent, sur leurs portes une ou plusieurs de ces affiches.
L’existence de PROTEST dans l’espace urbain est donc conditionnée par la volonté des musées d’accepter d’afficher ces réflexions et ces manifestes dans leur propre espace.
L’affichage des œuvres dans l’espace urbain sera relayé sur les réseaux sociaux le 31 octobre.
Editée à 1000 exemplaires, PROTEST est curatée par Fabien Vallos et co-éditée avec les éditions Mix.

Autour de PROTEST
L’édition PROTEST fera l’objet de deux lancements, un au Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain le 31 octobre 2017 (date anniversaire), l’autre le 2 novembre chez Florence Loewy Bookstore Paris.
Une journée d’étude organisée en partenariat avec l’ESBA-TALM d’Angers aura lieu le 22 novembre au Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain.

A Berlin, Kassel et Wittenberg l’exposition Luther und die avant-garde s’intéresse non pas à la figure historique de Luther mais sa capacité à bousculer l’ordre établi pour proposer une vision nouvelle de la société.

31/10/17, 18h30 : lancement et dédicace.
Librairie du Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain.

02/11/17, 18h30 : lancement et dédicace.
Florence Loewy Bookstore.
9 rue de Thorigny, Paris 3.
www.florenceloewy.com/bookstore

22/11/17, 10h-17h : journée d’étude.
Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain.
en partenariat avec ESBA TALM Angers

 

ETTORE SOTTSASS DESIGNER DU MONDE 04.04 – 20.06.2017

credit photo: Bruno Gecchelin

Le Château de Montsoreau – Musée d’Art Contemporain consacre une exposition à Ettore Sottsass, artiste radical, à la fois designer, architecte, céramiste, dessinateur, photographe, cassant volontiers les codes bourgeois liés à l’objet.
Trois fois lauréat du très prestigieux Compasso d’Oro, Sottsass est un des acteurs majeurs des groupes, Antidesign (1966), Global Tools (1973), Alchimia (1976), Memphis (1981) et crée le Studio Sottsass Associati (1982).
Ses œuvres sont présentes dans les collections du Centre Georges Pompidou, du MoMA, du Metropolitan Museum et du Victoria and Albert Museum.

“Faire du design, ce n’est pas donner forme à un produit plus ou moins stupide pour une industrie plus ou moins luxueuse. Pour moi le design est une façon de débattre de la vie. » (Ettore Sottsass)

Entre révolution et affranchissement
Dans ses œuvres, Ettore Sottsass livre un regard sur le monde qui traduit un nouveau rapport de l’homme à l’objet. Considérant que l’objet influence plus ou moins directement celui qui le possède, il crée des meubles qui ne se définissent plus seulement par leur fonction mais par leur capacité à faire naître un imaginaire. Il souhaite « faire coïncider culture et libre créativité individuelle ».
Avec la série Foto dal Finestrino publiées chaque mois dans le magazine Domus, Sottsass, observateur aiguisé, s’interroge sur le monde qui l’entoure et le remet en question. Cette poésie du monde, palpable dans l’objet deviendra le marqueur d’une pensée revendicatrice et d’une époque.

Créateur d’icônes
Les objets créés par Sottsass sont représentatifs d’une société en mutation, d’un affranchissement vis-à-vis des codes et du conformisme.
Inspirée du Pop Art, la machine à écrire Valentine, fabriquée par la firme Olivetti, est à elle seule une révolution. Rouge comme un rouge à lèvres, légère comme un sac à main, sexy jusque dans ses formes, elle ose dévoiler son mécanisme et finalement raconte la société de la fin des années 60.
Brigitte Bardot s’affiche avec sa Valentine à la main dans le film Les femmes de Jean Aurel (1969), David Bowie compose son tube planétaire Let’s Dance sur ses touches brillantes et dans Orange Mécanique, Stanley Kubrick en place une dans la chambre de Malcolm MacDowell. Le mobilier créé par le groupe Memphis, se pose aussi comme une rupture avec les idées bourgeoises, par ses associations nouvelles de matériaux de synthèse comme le stratifié de Abet Laminati avec des matériaux luxueux comme la laque ou le bois doré.

Designer du monde
Volontairement non rétrospective, l’exposition proposée par le Château de Montsoreau, retrace cette conception du design comme matérialisation concrète d’une philosophie de la vie, libre et décomplexée.
En collaboration avec le Museo Alessi, Kartell, Abet Laminati, la galerie XXO et Akmé, l’exposition revient sur l’expérience fondatrice dans l’entreprise d’électronique Olivetti, l’exubérance Memphis et la remise en question du langage de l’architecture dans les années 70.

JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE 19-20 SEPTEMBRE 2020

Visites guidées

Pendant deux jours, les médiateurs du musée accompagnent les visiteurs dans leur découverte du monument tout en donnant des clés de lecture pour appréhender simplement l’Art Contemporain.
A 10h30, 15h00 et 17h00 : l’histoire du lieu en 20 minutes.
A 11h00, 14h00 et 16h00 :  visite approfondie du château, de la collection permanente d’art contemporain du musée et de l’exposition temporaire Jacques Halbert. Cerises

Tarif exceptionnel
Adulte : 8,20€
Enfant : 4€

LA POSSIBILITE D’UNE ILE 15 SEPTEMBRE 2019 19H30

crédit photo Thierry Cantalupo

LA POSSIBILITÉ D’UNE ÎLE DE MICHEL HOUELLEBECQ
Dimanche 15 septembre à 19h30
Cour du château

La Possibilité d’une île, c’est l’histoire d’un comique, Daniel. Dans les années 2010, il devient millionnaire en écrivant des spectacles vulgaires et politiquement incorrects, quelque part entre Dieudonné et Bigard. Un soir, il tombe amoureux d’Isabelle, rédactrice en chef du magazine Lolita. Elle
a trente-sept ans, lui trente-neuf. Ils se marient puis se retirent dans une immense propriété en Andalousie. Les années passent et leur amour n’y survit pas. Vers la fin de sa vie, Daniel rencontre Esther. Dès les premiers instants de cette rencontre, il comprend qu’il va vivre avec elle un bonheur total et que la perte de ce bonheur va le tuer.

Adaptation et mise en scène de Léo Cohen-Paperman

Réservations au 02 53 20 32 99 ou sur la billetterie en ligne 
Tarif au choix: 
5€, 10€ ou 15€. Dans un idéal de démocratisation culturelle, le NTP pratique depuis 2009 un tarif unique de 5€ la place.
Aujourd´hui, pour préserver le festival, le NTP propose une nouvelle tarification où chacun peut choisir le prix de sa place sans avoir à justifier de sa situation.

 

Le Nouveau Théâtre Populaire

Le Nouveau Théâtre Populaire est un collectif, qui crée en 2009, un festival de théâtre en plein air à Fontaine-Guérin (49). Le festival grossit, jusqu’à présenter en alternance six spectacles par édition. Il a lieu chaque été, au mois d’août.
La troupe a aussi grossi au fil des ans. Aujourd’hui, elle rassemble vingt membres : Pauline Bolcatto, Valentin Boraud, Julien Campani, Philippe Canalès, Baptiste Chabauty, Léo Cohen- Paperman, Thomas Chrétien, Emilien Diard-Detœuf, Clovis Fouin, Frédéric Jessua, Joseph Fourez, Sophie Guibard, Elsa Grzeszczak, Lazare Herson- Macarel, Lola Lucas, Morgane Nairaud, Antoine Philippot, Julien Romelard, Claire Sermonne et Sacha Todorov.
Le fonctionnement de la troupe est démocratique, toutes les décisions sont prises collectivement, mais chaque spectacle a un metteur en scène qui conserve sa singularité artistique. Sans vouloir affirmer de dogme, le Nouveau Théâtre Populaire se reconnaît dans les valeurs de Jean Vilar : grands textes, prix bas, décentralisation.
Ont été déjà montés au festival : Andersen, Brecht, Büchner, Claudel, Corneille, Feydeau, Fosse, Hugo, Maeterlinck, Molière, Novarina, Perrault, Shakespeare, Rabelais, Singer, Sophocle, Tchekhov, Winsor Mc Cay ainsi que deux créations collectives sur la Ve République et la 1ère Guerre Mondiale.

Subventionné par l’Entente-Vallée (Beaufort-en-Anjou, Les Bois d’Anjou, Mazé-Milon, La Ménitré), le Ministère de la Culture-drac Pays-de-la- Loire et la Région Pays-de-la-Loire. Avec le soutien du Théâtre National Populaire, du Quai-CDN d’Angers, et des communes Beaufort-en-Anjou, Loire-Authion, Baugé-en-Anjou.

 

Yoga 10-11 août 2019

Le Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain ouvre ses espaces d’exposition à la pratique du yoga et invite à faire corps avec le lieu.

Les samedi 10 et dimanche 11 août à 9 heures, Garlone Bardel et Dominika Roslon, fondatrices de Slo.TIME, installent leurs cours de yoga dans les salles du musée.

La pratique comprend deux temps : Hatha Yoga, yoga postural, accessible à tous permettant de délier les tensions corporelles et Yoga Nidra, ayant pour effet une triple relaxation: mentale, physique, émotionnelle.
Dans le Yoga Nidra, seule l’écoute est sollicitée, créant une sensibilité particulièrement affinée aux mots, véritable tremplin sensoriel vers l’expérience des œuvres d’art.
A l’issue de l’atelier Yoga, un petit déjeuner issu du Yoga Cook Book écrit par Garlone Bardel, sera partagé au restaurant Jean 2.
Une expérience globale, corps et mental reliés, où l’art tisse des liens étroits avec l’art de vivre, où le contact avec l’intériorité permet d’ouvrir le regard vers l’extérieur avec une conscience élargie.

Slo.TIME est né de l’envie commune de Garlone Bardel et Dominika Roslon de mettre leurs champs de compétences au service de l’humain pour tendre vers davantage de discernement et d’harmonie
dans le quotidien, tissant des liens entre l’écologie individuelle et globale.
Selon, l’adage « Less is more », elles proposent des expériences de yoga, des nourritures à partager et des espaces à vivre, en adéquation avec nos besoins fondamentaux de respect de la Terre, du corps et du mental.
INSTAGRAM : @slo.time

Durée : 1h30
Tarif : 25€ / personne
Nombre de places limité à 20 personnes.
Prévoir une tenue confortable.
Matériel fourni : tapis/coussins/plaids.
Réservations : 02 41 67 12 60 / contact@chateau-montsoreau.com

Véronique 21.07.2019

julien carreyn

Le dimanche 21 juillet 2019, le Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain accueille My-Lan Hoang-Thuy et Julien Carreyn pour le lancement de trois publications issues de l’exposition « Véronique » présentée par le Frac Poitou-Charente du 8 février au 18 mai 2019. Dans ces publications, My-Lan Hoang-Thuy s’éloigne du format traditionnel du catalogue d’exposition, pour livrer son interprétation des corpus d’images constitués et réalisés par Aurélien Mole et Julien Carreyn lors du montage « semi-fictionnel » de leur exposition angoumoisine.

Librairie du musée – Entrée libre
Heure : 18h00 – 19h30

Véronique
Les FRAC de Nouvelle-Aquitaine ont invité Aurélien Mole, artiste et photographe spécialisé dans la documentation de l’art contemporain, à concevoir un cycle d’expositions à partir de leurs collections photographiques. Aurélien Mole s’est associé à l’artiste Julien Carreyn dont l’œuvre, sensible à la temporalité des esthétiques, creuse le potentiel poétique et symbolique de ce genre artistique académique qu’est le nu. L’exposition qu’ils ont conçue ensemble a révélé l’attention particulière portée par les trois FRAC de Nouvelle-Aquitaine à une photographie « de photographes », en particulier au cours de la première décennie de la constitution de leurs collections alors que ce médium n’avait pas encore été largement investi par les artistes plasticiens. La cinquantaine d’œuvres retenue a procédé d’une sélection délibérément subjective opérée par les artistes-commissaires selon une « coupe esthétique » à travers les collections orientée par la question suivante : « Quelles photographies aimerions-nous voir portées par un modèle nu dans la salle d’exposition ? ». L’exposition présentait également des œuvres photographiques créées par Aurélien Mole et par Julien Carreyn au cours du montage.

Julien Carreyn
Julien Carreyn est né à Angers en 1973. Il vit et travaille à Paris. Après avoir exercé la profession de directeur artistique, Julien Carreyn recentre son activité autour de la production d’images, dessins et photographies. Depuis il s’est appliqué avec beaucoup de persévérance, et un brin d’obsession, à produire un corpus de plus en plus dense, explorant des territoires aussi variés que l’est sa culture transversale de l’image et qui englobe aussi la bande dessinée érotique des années 70, la peinture impressionniste, l’illustration jeunesse… Plus récemment, dans « Photographies du soir » à la galerie Crèvecoeur (Paris), les photographies d’extérieur de Julien Carreyn explorent notre pays, ses difficultés à négocier son prestige essentiellement lié au passé, et son esthétique obéissant aux critères et goûts que l’on suppose être celui des classes moyennes. Il ne s’agit ni d’une approche critique ni d’un témoignage mais plutôt d’une fuite ; un désir d’éloignement dont le point de départ serait une zone péri-urbaine située au bord du rien. Entre 2016 et 2017, Julien Carreyn présente «Chez Bergeron » au Vent des forêts (Fresnes-au-Mont) ainsi qu’une collaboration « Julien Carreyn avec Ker-Xavier » à la Galerie des Multiples (Paris).

Aurélien Mole
Aurélien Mole est né en 1975 à Téhéran. Diplômé de l’école du Louvre en histoire de la photographie, il a poursuivi son cursus à l’école nationale supérieure de la photographie à Arles et l’a conclu par une formation sur les pratiques de l’exposition dirigée par Catherine Perret et Christian Bernard. Son travail a fait l’objet d’expositions personnelles à la Galerie Lucile Corty en 2009 (En bonne intelligence), galerie Florence Loewy en 2010 (Le Catalogue), à la villa du Parc en 2012 (Sir Thomas Trope). Il a participé à de nombreuses expositions collectives en France et en Europe (Cargo Culte à la Vitrine ; Répétition dans l’épilogue, galerie Lucile Corty ; If I can’t Dance I don’t want to be part of your revolution, Van Abbe Museum ; Double Bind, Villa Arson). Par ailleurs, il a publié régulièrement dans le magazine Art21, des critiques ayant trait à l’exposition ainsi que des monographies sur des artistes contemporains (Aurélien Froment, Guillaume Leblon, Gaël Pollin…). Il réalise aussi des expositions basées sur des dispositifs au sein du collectif le Bureau/(35h. aux Laboratoires d’Aubervilliers en 2004 ; P2P au Casino, Luxembourg, en 2008) et en son nom propre (Relationship of Command, Galerie J à Genève en 2007 ; Sfumato à Sassari en Sardaigne en 2008).

My-Lan Hoang-Thuy
My-Lan Hoang-Thuy est née en 1990 à Bourg-la-Reine. Elle vit et travaille à Paris et a suivi une Formation à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris de 2015 à 2017.
« Bicéphale. C’est peut-être un travail à deux têtes que l’artiste plasticienne My-Lan Hoang-Thuy met en scène. S’entremêlent dans ses créations deux cultures visuelles, l’une occidentale, l’autre extrême-orientale. La culture occidentale est, pour sa part, liée à ses études franco-suisses de design graphique où l’histoire de ses codes et son effet sur le conditionnement des esprits l’imprègnent. Il en découle des créations qui interrogent le pouvoir et l’impact du langage visuel sur la société. C’est le cas de sa série de sculptures de signatures en bois des grands noms de la Sillicon Valley (Sergey Brin ou Mark Zuckerberg). En dessinant dans l’espace ces noms de personnalités qui sont à l’origine des outils que l’on utilise tous les jours, l’artiste illustre une normalisation en acte. Définir l’outil c’est influer sur la forme. Aussi remonte-t-elle à la source d’une typologie d’outils symboliques (Mac, Photoshop, outil de recherche tel que Google) pour renverser un certain ordre visuel prévisible. L’autre pan de son travail, dont la source est plus enfouie mais notable, vient de cette culture asiatique, parfois kitsch, selon ses termes, qui émerge sous la forme de matériaux (nacre, bois) ou de certains motifs floraux, à l’instar de ses fleurs tatouées ou de ses sculptures qui reprennent la structure de temples vietnamiens. Ses autoportraits sur nacre, petits éclats de sa propre image, renouent avec deux histoires : la sienne, bien sûr, mais aussi celle de la photographie détournée ici de son support traditionnel. C’est également le cas des photographies qu’elle a prises de ses environnements personnels, imprimées sur PVC, et qui permettent à l’image de sortir du cadre. Émanciper les techniques, les renverser : ainsi se structure la démarche d’une artiste qui connaît trop bien la technique et les machines pour ne pas, un peu et gentiment, les malmener, afin de conjurer le prévisible et perturber l’attendu ». (Par Léa Chauvel-Lévy)

 

Roman Signer 06.07 – 06.11.2019

Sandobjekt

A partir du 6 juillet 2019, le Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain donne carte blanche à l’artiste suisse Roman Signer, connu dans le monde entier pour ses performances explosives et ses prises de risque assumées. L’exposition met en perspective sculpture et photographie et souligne la capacité de l’artiste à repenser les principes mêmes de la sculpture contemporaine.

 

Un artiste sous tension
Il est un lieu commun de dire que la révolution est quelque chose de stupide risqué et dangereux. L’exposition occupe quatre mois durant tout le deuxième étage du Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain et réunit des œuvres phares de Roman Signer telles qu’une série de photographies inédites prises entre 1972 et 1986. Légendaire pour ses interventions sur les objets qu’il transforme avec des explosifs comme force motrice, Roman Signer utilise aussi l’instantané qui permet de figer ses préoccupations. Au fil des photographies exposées, la nature se révèle comme l’atelier ou plutôt le laboratoire de l’artiste. Le visiteur est invité à y pénétrer et à observer à distance. Il devient spectateur des «accidents» heureux ou catastrophiques savamment orchestrés par l’artiste (Ballon mit Spazierstock, 2016) à un moment où la réalité est perturbée, modifiée par un événement inattendu. L’exposition montre l’œuvre de cet artiste souvent perçu à tort comme en recherche de spectaculaire et de sensationnel. Les œuvres choisies montrent Signer comme un opérateur précis et direct, refusant de se mettre en scène et rejetant le concept de performance.

Sculpteur du temps
On y retrouve le souci constant de l’artiste de questionner le temps. Temps long, lorsqu’un hélicoptère vient perturber le concert improbable d’un pianiste sur le ponton d’un lac (Vers la Flamme und Roman Signer, 2014), temps court lorsqu’une série de bidons remplis d’eau dégringole à toute vitesse du toit d’une maison (Dachlawine, 2017). Le parcours scénographique souligne ainsi le rôle crucial des quatre éléments dans l’œuvre de l’artiste, point de départ et point d’arrivée de ses œuvres.
Roman Signer réserve des destins surprenants aux objets les plus anodins comme un ventilateur ou un ballon faisant ainsi surgir une poésie de la destruction.

06.07 – 06.11.2019
Tous les jours de 10h à 19h
Vernissage public le 6 juillet à 18h

Mappa Mundi 10.05 – 05.07.2019

Du 10 mai au 5 juillet 2019, l’exposition Mappa Mundi présente les nouvelles acquisitions du Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain : 50 œuvres inédites de Art & Language, montrées pour la première fois en France.

Déployée sur le dernier étage du musée, l’exposition s’ouvre sur l’installation Mother, Father, Monday: Map of the World, 2000, œuvre monumentale composée de plus de 150 tableaux monochromes représentant une immense carte du monde. Chaque tableau est autonome mais représente aussi un détail d’une carte dont il fait partie. Comme dans La Chasse au Snark de Lewis Caroll, la carte s’étire et finit par occuper toute la surface de la pièce.

Le film Qui Pourra est une plongée dans l’atelier des artistes de Art & Language. Le titre fait  référence à une injonction de Gustave Courbet – « Trouve qui peut » – à propos de son œuvre L’Atelier du Peintre. Les artistes sont absents mais leurs voix, lointaines, se font entendre la voix off d’un film. Ils sont rejoints par une autre voix, non identifiée, qui fait une entrée hésitante sous la forme d’un texte qui envahit peu à peu l’image.

Réalisées en 2019,  Ten posters : illustrations for Art-Language  est une série de dix affiches réalisées en 1977. Art & Language posent la question de la fabrication de l’œuvre. En détournant les codes des affiches de propagande et en construisant cette série d’affiches comme une suite d’images, à la manière des 7 péchés capitaux, ces affiches nous parlent des fondements notre société et surtout de ce qui fait la réussite des codes de la tragédie à l’intérieur de celle-ci.

L’exposition se clôt sur une salle interdite aux moins de 18 ans dans laquelle est présentée une série de variations sur de textes pornographiques évoluant peu à peu vers le comique, à la manière de Ms Malaprope.

EDIT-A-THON 13-19 mai 2019

Du 13 au 19 mai, à l’occasion de la Museum Week, le Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain, partenaire de l’événement, s’associe à Wikipedia pour organiser un Edit-A-Thon ou marathon d’édition d’une d’une semaine destiné aux femmes. L’Edit-a-thon vise à créer du contenu sur les œuvres de Art & Language et à lutter contre le déficit de contributions des femmes sur Wikipedia ( moins de 10% des éditeurs de Wikipedia sont des femmes). 

Edit-A-Thon : quézako ?
Un éditathon est une séance pendant laquelle un groupe de personnes découvre et contribue sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia, sur un thème à partir de ressources mises à disposition. Ces personnes peuvent : créer un article, traduire un article depuis un Wikipédia étranger, enrichir un article existant (restructurer, ajouter du contenu), ajouter des sources à un article, légender des photos, trouver des photos libres de droit pour illustrer un article ou encore corriger des articles existants.
Au Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain, ce challenge collaboratif adopte un format inédit – une semaine non stop de contributions – et s’adresse en particulier aux femmes mises à l’honneur lors de la Museum Week avec le hashtag #WomenInCulture.

Museum Week
A chaque jour un hashatag, à chaque jour une ou plusieurs œuvres du collectif Art & Language feront l’objet de contributions lors de l’édit-a-thon.

Lundi : #WomenInCultureMW
Victorine, 1981 (livret d’un opéra-policier dont un acte a été représenté lors de la biennale du Whitney Museum en 2012)

Mardi : #SecretsMW 
11 Studies for a Secret Painting, 1967
Secret Painting, 1967
Index: The Studio at 3 Wesley Place in the Dark III, 1982
Portrait of V.I. Lenin in the Style of Jackson Pollock, 1978

Mercredi : #PlayMW 
The Air-Conditionning Show, 1966-67
Index 01, 1972
Microfilm Index, 1972
Loop, 1967
Index: Incident in a Museum, 1985-87
Map of Itself , 1966-67
-Map to not Indicate , 1966-67
-Map of Ocean, 1966-67

Jeudi : #RainbowMW 
Mother, Father, Monday: Map of the World, 2000
Flags for Organizations, 1978

Vendredi : #ExploreMW 
The Air-Conditionning Show, 1966-67
Mirror Piece, 1965

Samedi : #PhotoMW 
Painting I Nr1 à Nr22, 1966
Mirror Piece, 1965
Portrait of V.I. Lenin in the Style of Jackson Pollock, 1978
Microfilm Index, 1972

Dimanche : #FriendsMW 
-Red Crayola et Art & Language
-Jackson Pollock Bar

Prérequis
Pas de connaissance particulière de Wikipédia. Les participants se créeront au préalable un compte sur Wikipédia (en cliquant ici). Une session de formation sera offerte mais une aide sera disponible tout au long de l’événement. Les participants sont priés d’apporter leurs propres ordinateurs portables et chargeurs. Un accès Wi-Fi ainsi que le catering sont fournis. Vous disposerez de livres issus du fonds documentaire du Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain. Voir la page projet de l’événement, sur Wikipédia.

FAQ

 

EDIT-A-THON 13-19.05.2019

From the 13 to the 19 of May, on the occasion of the Museum Week, the Chateau de Montsoreau-Museum of Contemporary art, partner of the event, joins forces to Wikipedia to organise an Edit-A-Thon or an edition marathon for a week which is addressed to women. The Edit-A-Thon aims to create ‘contents’ on the Art & Language master pieces, but also to raise awareness on the lack of women’s contents on Wikipedia (indeed less than 10% of the contributors are women).

Edit-A-Thon : what does it mean ?
An editathon is a sitting where a group of people discovers and contributes to the Wikipedia web encyclopaedia, on a theme (with the helped of our documentary resources). These people can : create an article, translate an article from a foreign Wikipedia, enrich an article (reorganize, add contents), add sources to an article, title photos, find photos rights free to illustrate an article or even correct some articles.
At Château de Montsoreau-Museum of contemporary art, this collaborative challenge adopts a unique format – a non-stop week of contributions – and is aimed at women in particular, those who are in the spotlight during the Museum Week with the hashtag #WomenInCulture.

Museum Week

A hashtag will be given every single day, as well as one or several works of art of the group Art & Language will be the subject of contributions during the edit-a-thon.

Monday : #WomenInCultureMW
Victorine, 1981 (libretto of a police opera whose act was represented at the Whitney Museum biennale in 2012)

Tuesday: #SecretsMW 
11 Studies for a Secret Painting, 1967
Secret Painting, 1967
Index: The Studio at 3 Wesley Place in the Dark III, 1982
Portrait of V.I. Lenin in the Style of Jackson Pollock, 1978

Wednesday : #PlayMW 
The Air-Conditionning Show, 1966-67
Index 01, 1972
Microfilm Index, 1972
Loop, 1967
Index: Incident in a Museum, 1985-87
Map of Itself , 1966-67
-Map to not Indicate , 1966-67
-Map of Ocean
, 1966-67

Thursday: #RainbowMW 
Mother, Father, Monday: Map of the World, 2000
Flags for Organizations, 1978

Friday : #ExploreMW 
The Air-Conditionning Show, 1966-67
Mirror Piece, 1965

Saturday : #PhotoMW 
Painting I Nr1 à Nr22, 1966
Mirror Piece, 1965
Portrait of V.I. Lenin in the Style of Jackson Pollock, 1978
Microfilm Index, 1972

Sunday : #FriendsMW 
-Red Crayola et Art & Language
-Jackson Pollock Bar

Prerequisite
No particular knowledge in Wikipedia is needed. The participants will be creating beforehand a Wikipedia account. A training course is offered but someone will be there to help throughout the event. The participants must bring their computers and chargers. An access to the Wifi as well as catering will be furnished. You will have the free access to the documentary resources of the Chateau de Montsoreau-Museum of contemporary art.
Go and check out the project on Wikipedia.

 

 

 

 

Festival de performances 06.03.2019

grace ndiritu

FESTIVAL DE PERFORMANCES DES ETUDIANT(E)S DE L’ESAD TALM
Mercredi 6 mars 2019
14h-17h
Entrée libre

En clôture de trois jours de workshop et d’échanges avec l’artiste Grace Ndiritu, les étudiants de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design Tours-Angers-Le Mans,  proposent une après-midi de performances au Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain le mercredi 6 mars.
Festival coordonné par Chloé Maillet et Natsuko Uchino

Grace Ndiritu
Grace Ndiritu travaille sur la performance, la peinture, la vidéo, la photographies, la recherche. En 2012, Grace Ndiritu a pris la décision radicale de ne passer du temps en ville que lorsque cela était nécessaire et de vivre dans des communautés rurales, alternatives et souvent spirituelles, tout en élargissant ses recherches sur les modes de vie nomades et les études ésotériques telles que le chamanisme, qu’elle étudie depuis plus de 16 ans. Ses recherches sur la vie communautaire ont abouti à la création de The Ark: Centre for Interdisciplinary Experimentation.
En 2012, Grace Ndiritu a également commencé à créer une nouvelle œuvre intitulée Healing The Museum, née de la nécessité de réintroduire des méthodes non rationnelles telles que le chamanisme pour réactiver la «sacralité» des espaces d’art. Grace Ndiritu estime que la plupart des institutions d’art modernes ne reflètent pas les expériences quotidiennes du public et que les nombreux changements socio-économiques et politiques survenus dans le monde au cours des dernières décennies ont érodé la relation entre les musées et leur public. Les musées meurent. Grace Ndiritu considère le chamanisme comme un moyen de réactiver l’espace artistique mourant en le transformant en espace de partage.
Grace Indiritu expose dans de nombreux musées : Museum Modern of Art de Varsovie; Centre Pompidou, Paris; Chisenhale Gallery, Londres; Ikon Gallery, Birmingham, Fondation Antoni Tàpies, Barcelone; Laboratoires d’Aubervilliers, Paris; École d’art de Glasgow; Klowden Mann Gallery, Los Angeles; La Ira De Dios, Buenos Aires et la 51e Biennale de Venise.
www.gracendiritu.com

 

Natsuko Uchino
Artiste interdisciplinaire japonaise, diplômée de la Cooper Union (NYC) et du CCA Kitakyushu (Japon), Natsuko Uchino est representée par les galeries Green Tea (Japon) et Last Resort (Danemark) développe une pratique transversale entre art et écologie. Amenée par son expérience de la polyculture agricole à décloisonner les disciplines artistiques, elle commence la céramique dans le but de créer les contenants pour sa production agricole avec la même terre qui avait nourri la récolte. Depuis, un apprentissage dans le village artisanal de Tamba au Japon confirme l’intérêt de l’artiste pour le médium céramique, qui dans son travail, sert de charnière entre agriculture, paysage, environnement et convivialité. Natsuko Uchino participe à la résidence du Centre International d’Art et du Paysage – Ile de Vassivière en 2014, puis travaille en 2015 sur les sujets de l’art dans le milieu naturel avec l’Ecole Cantonale d’Art du Valais, et la ruralité avec la revue Peeping Tom Digest. Natsuko Uchino est professeure de sculpture et céramique à l’ESAD Le Mans.

 

Chloé Maillet
Chloé Maillet est artiste et chercheuse. Elle a étudié l’histoire et d’histoire de l’art à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle est docteure en anthropologie historique de l’EHESS (Ecole des Hautes études en Sciences Sociales), elle a suivi le programme le Pavillon (Palais de Tokyo, 2008-2009), la Coopérative de Recherches de l’Ecole Supérieure d’Art de Clermont-Métropole (2014-2015), et suivi post-doctorat au Musée du quai Branly (2015-2016). Correspondante ALHOMA-CRH (EHESS), membre du comité de rédaction d’Images re-vues depuis 2005, elle est spécialiste des questions de genre et de parenté et a publié de nombreux articles dans des revues d’histoire, d’histoire de l’art et d’anthropologie. Sa thèse, La parenté hagiographique, XIII-XVe s. a été publiée aux éditions Brepols en 2014, elle prépare un livre intitulé Transgenre au Moyen Âge ? aux éditions Arkhê.
En duo avec l’artiste Louise Hervé elle a fondé l’I.I.I.I. (International Institute for Important Items) en 2001, au sein duquel elles réalisent des performances, des films de genre et des installations. Le Credac (Ivry-sur-Seine), Kunsthal Aarhus (DK), Passerelle (Brest), Contemporary Art Gallery (Vancouver, CAN), la Synagogue de Delme, le FRAC Champagne Ardenne et le Kunstverein Braunschweig (DE) ont organisé des présentations solo de leur travail. Elles ont publié Attraction étrange, éditions JRP (2013), Spectacles sans objet/Spectacles without objects, Editions P et Pork Salad Press, 2016, L’Iguane, ed. Thalie Foundation, 2018.
Elle est professeure d’histoire et théorie des arts à l’ESAD Angers.

Et aussi
Conférence de Grace Ndiritu  en conversation avec Chloé Maillet et Natsuko Uchino
Lundi 4 mars 2019 à 18h.
ESAD Angers Salle TO.
Entrée libre.
Conférence en anglais.

 

Rencontre avec Nicolas Lelièvre et Étienne Candel 02.03.2019

La poésie est-elle morte ? Quel est le point commun entre  « vide couple »,  « flemme olympique », « bêle bête » et La Recherche du temps perdu ?  L’avènement du numérique a-t-il fait naître un nouveau langage ?
Chacun à sa manière, Étienne Candel et Nicolas Lelièvre détournent, bousculent, façonnent les mots. Des univers nouveaux, déroutants et instables, apparaissent.
On croyait avoir tout dit sur le chef d’œuvre de Proust. C’était jusqu’à ce que Nicolas Lelièvre s’en empare et nous en propose un tout nouvel arrangement. On croyait que le nombre caractères fixés par Twitter limitait nos échanges à des donnés factuelles. C’était jusqu’à ce que les « ironèmes » d’Étienne Candel inondent la toile.

Professeur de lettres modernes, diplômé en littérature comparée et en français langue étrangère,  eMMaNuel vasliN (@emmanuel_vaslin) est un observateur assidu des nouvelles approches du langage.
Il animera la rencontre entre Nicolas Lelièvre et Étienne Candel.

Rencontre – dédicace – verre / librairie du musée
Heure: 16h30 – 18h30
Entrée libre

 

Ironèmes d’Étienne Candel. C’est une boîte qui conserve, sur 47 mètres de rouleau, quelque 900 textes prélevés dans le flux continu d’écriture qui caractérise leur auteur sur les réseaux numériques. Étienne Candel produit en effet, au quotidien, ces altérations minimales du langage. Représentant plusieurs dizaines de milliers de textes sur environ six ans, les ironèmes prolifèrent comme dans un carnet permanent d’écritures sauvages. Lapsus, traits d’esprit, détournements surprenants, faux proverbes, manipulations amusées, expressions erronées, ils détournent la langue de son usage ordinaire et laissent deviner un autre monde possible, d’autres significations, d’autres façons de voir, comme dans les rêves.
Dérobés au flux et désormais conservés dans leur livre-boîte, les ironèmes ainsi publiés font se rejoindre la forme du rouleau médiéval et les défilements contemporains des écrans. Le travail éditorial est signé Peuple caché, collectif discret, activiste du renouvellement des formats.
Étienne Candel travaille dans les marges : d’abord poète sur les espaces libres de ses cahiers de bachot, il explore le champ des ironèmes et en théorise progressivement les contours. Il publiera bientôt une réhabilitation pratique des ordures et encombrants (Discours sur le déchet, à paraître chez Surfaces Utiles, 2019). Dans sa démarche artistique où il fait dialoguer recherche et création, il collabore avec des graphistes, peintres, codeurs. Il prépare actuellement un catalogue et un bestiaire impossible. https://ironemes.peuplecache.com
Twitter: @etienne_cdl

 

Dans l’ordre de Nicolas Lelièvre présente l’intégralité du premier volume d‘À la Recherche du Temps Perdu de Marcel Proust réarrangée dans l’ordre alphabétique. Du récit, des personnages et des situations ne subsiste que la matière première. Feuilleter cette longue liste propose pourtant une véritable expérience visuelle au gré des répétitions et des variations typographiques. Parfaitement arbitraire, le classement produit également de nouvelles associations d’idées et de sensations.
La Recherche « en kit », à regarder plutôt qu’à lire, entre littérature et statistique. Un voyage plastique dans le champ lexical proustien.
Architecte diplômé en 2001, Nicolas Lelièvre s’est d’abord consacré aux images. Si les espaces urbains et la matière des images numériques demeurent parmi ses terrains de jeu favoris, c’est un questionnement plus global du réel qui fait évoluer sa pratique au fil des projets. Chaque proposition examine un fragment précis puisé dans la réalité immédiate et tente d’en construire une pensée à expérimenter. Ces détours visuels, spatiaux ou encore sémantiques font indifféremment appel à la photographie, la vidéo, l’informatique, l’écriture, la construction d’objets ou encore l’intervention in-situ.
www.nicolaslelievre.com